Et oui ! Pour les parents ou grands-parents qui n'ont pas vu ce dessin animé, c'est l'occasion d'aller accompagner vos enfants et petits-enfants
!
Pour les raisons suivantes
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Et oui ! Pour les parents ou grands-parents qui n'ont pas vu ce dessin animé, c'est l'occasion d'aller accompagner vos enfants et petits-enfants
!
Pour les raisons suivantes
Il tient en une phrase toute simple : Offrir des contenus culturel, social, éthique et religieux (Lire la suite)
Ce fut le 29 octobre 2006. Le pape Benoît XVI saluait ainsi les professeurs de l’Ecole catholique de Sainte-Ursule de
Sopron, en Hongrie en disant :
« L’éducation de la jeunesse chrétienne est une responsabilité d’une grande importance morale. Et pour cette raison, que votre vie en Jésus soit un exemple pour les
nouvelles générations chrétiennes ».
C'est ainsi qu'est titré un article rédigé à l'occasion d'une grande enquête menée par la Fondation de Service politique.
L'analyse et les faits racontés sont un peu inquiétants. Mais il est bon de savoir ce qui se passe réellement dans les établissements qu'ils soient publiques ou privés.
C'est ce qu'a déclaré Benoît XVI, le 23 février dernier à Rome, lors d'un rassemblement sur la Place Saint Pierre avec le monde de l'éducation où il a remis sa "lettre sur la tâche urgente de l'éducation".
Lettre de l’évêque de Rome à son diocèse
ROME, Vendredi 25 janvier 2008 (ZENIT.org) - Alors
que souvent parents et éducateurs semblent avoir perdu le sens de leur mission, il est « urgent » de retrouver le « courage » de l'éducation des jeunes dans un juste équilibre
entre « liberté » et « discipline », affirme le pape Benoît XVI dans une lettre à son diocèse.
Benoît XVI a adressé une lettre en date du 21 janvier à son diocèse, à l'occasion de la Journée de l'Ecole catholique, célébrée dimanche dernier.
La crise de confiance dans la vie
« A la racine de la crise de l'éducation, il y a une crise de confiance dans la vie », explique le pape. Nous reprenons la traduction de l'agence Fides.
« Nous avons tous à coeur le bien des personnes que nous aimons, et en particulier de nos enfants, de nos adolescents, et de nos jeunes. Nous savons en effet que c'est d'eux que dépend l'avenir
de notre Ville. Nous ne pouvons donc pas ne pas être attentifs à la formation des nouvelles générations, à leur capacité de s'orienter dans la vie et de discerner le bien et le mal, à leur santé
non seulement physique mais aussi à leur santé morale », écrit notamment Benoît XVI .
« Eduquer n'est certes jamais facile, reconnaît le pape, et aujourd'hui, cela semble devenir toujours plus difficile (...). On parle d'une grande « urgence dans l'éducation », confirmée
pas les échecs que rencontrent souvent nos efforts pour former des personnes solides, capables de collaborer avec les autres, et de donner un sens à leur propre vie ».
Le découragement, une tentation
Le pape évoque une « grave » situation et la tentation des éducateurs en disant : «Chez les parents mais aussi chez les enseignants et en général chez les
éducateurs, la tentation est certainement forte de renoncer, et auparavant même, le risque de ne pas même comprendre quel est leur rôle, ou, mieux, la mission qui leur est confiée. En réalité, ce
qui est en question, c'est non seulement les responsabilités personnelles des adultes ou des jeunes, qui existent certes et qui ne doivent pas être cachées, mais aussi une atmosphère répandue,
une mentalité et une forme de culture qui amènent à douter de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, en dernière analyse, de la bonté de la vie
».
Evoquant le risque de découragement, Benoît XVI encourage au contraire les éducateurs en disant : « N'ayez pas peur! Toutes ces difficultés, en effet, ne sont pas insurmontables. Elles sont, pour
ainsi dire, le revers de la médaille de ce grand don précieux qu'est notre liberté, avec la responsabilité qui l'accompagne à juste titre (...). On ne peut pas hériter simplement des plus grandes
valeurs du passé, elles deviennent nôtres et sont renouvelées à travers un choix personnel, souvent difficile ».
La confiance, le don de soi et la vérité
« Aujourd'hui, constate le pape, grandit la demande d'une éducation qui soit vraiment telle ».
Il indique la confiance et le don de soi parmi les conditions d'une éducation authentique. L'éducation, écrit le pape, « a besoin avant tout de cette proximité et de cette confiance qui
naissent de l'amour (...).Tout éducateur véritable sait que, pour éduquer, il doit donner quelque chose de lui-même, et que c'est
seulement ainsi qu'il peut aider ses élèves à dépasser les égoïsmes et à devenir, à leur tour, capables d'un amour authentique ».
Surtout, le pape insiste sur l'exigence de vérité - et parle de la souffrance - en disant : « Ce serait une éducation bien pauvre, que celle qui se limiterait à donner des notions et des informations, mais qui laisserait de côté la grande
question concernant la vérité, et surtout cette vérité qui peut servir de guide dans notre vie. La souffrance fait elle aussi partie de la vérité de notre vie. C'est pourquoi, en cherchant de
tenir à l'abri les plus jeunes, loin de toutes les difficultés et expériences de la souffrance, nous risquons de faire croître, malgré nos bonnes intentions, des personnes fragiles et peu
généreuses ».
La rencontre de deux libertés
Pour ce qui est de la difficulté de « trouver un juste équilibre entre la liberté et la discipline », le pape ajoute : « Sans des règles de comportement et de vie, que l'on fait valoir jour après jour même dans les petites choses, le caractère ne se forme pas, et on n'est
pas préparé à affronter les épreuves qui ne manqueront pas dans le futur ».
« Le rapport éducatif est ainsi avant tout, continue le pape, la rencontre de deux libertés, et l'éducation bien réussie est une formation à l'usage correct de la liberté ». Il faut donc «
accepter le risque de la liberté », mais nous ne devons jamais être d'accord avec l'enfant et avec le jeune » dans
ses erreurs, feindre de ne pas les voir, ou pire encore, les partager, comme si elles étaient les nouvelles frontières du progrès humain (...). L'éducation ne peut se passer de l'autorité qui
rend crédible l'exercice de l'autorité ».
La responsabilité, de tous
Dans le deuxième partie de la Lettre, Benoît XVI souligne comment, « dans l'éducation, le sens de la responsabilité est décisif : responsabilité de l'éducateur, certainement, mais aussi, et à
mesure qu'il grandit en âge, la responsabilité de l'enfant, de l'élève, du jeune qui entre dans le monde du travail ».
Et de proposer cette définition : « Est responsable celui qui doit répondre à soi-même et aux autres. Celui qui croit cherche, en outre, et avant tout, à répondre à Dieu qui l'a aimé le
premier ».
« La société, souligne le pape, n'est pas une abstraction ; c'est, en fin de compte, nous-mêmes, tous ensemble (...). Il faut donc la contribution de chacun d'entre nous, de chaque personne, de
chaque famille ou de chaque groupe social, pour que la société, à commencer par notre Ville de Rome, devienne un milieu plus favorable à l'éducation».
L'espérance chrétienne
Le Pape conclut sa Lettre en invitant à l'espérance, « âme de l'éducation, mais aussi de la vie tout entière ».
« Malheureusement, aujourd'hui, notre espérance est attaquée de nombreux côtés (...). C'est précisément de cela que naît la difficulté probablement la plus profonde pour une véritable œuvre
d'éducation : à la racine de la crise de l'éducation, il y a en effet une crise de confiance dans la vie ».
« Je ne peux donc pas terminer cette Lettre sans une invitation chaleureuse à mettre en Dieu notre espérance (...). L'espérance qui s'adresse à Dieu n'est jamais une espérance seulement pour
soi ; elle est toujours également une espérance pour les autres :elle ne nous isole pas, mais nous rend solidaires dans le bien, elle nous encourage à nous éduquer réciproquement à la vérité et à
l'amour ».
Audience de Benoît XVI pour la congrégation pour l’Education catholique
ROME, Jeudi 24 janvier 2008 (ZENIT.org) - « L'enseignement est l'expression de la charité du Christ, et c'est la première des œuvres de miséricorde spirituelle que l'Eglise est appelée à remplir », a déclaré Benoît XVI lors de l'audience accordée aux membres de l'assemblée plénière de la Congrégation pour l'éducation catholique, lundi dernier, 21 janvier, comme le souligne l'agence vaticane Fides.
Benoît VI a souligné que les thèmes auxquels l'assemblée réfléchit sont d'un « grand intérêt » et d'une « grande actualité » et l'Eglise leur accorde « toute son attention, spécialement en ce moment historique ».
« Depuis toujours, expliquait le pape, le secteur de l'éducation est particulièrement cher à l'Eglise, appelée à faire sienne la sollicitude du Christ (...). La Tradition a vu dans l'enseignement - et plus généralement dans l'éducation - une manifestation concrète de la miséricorde spirituelle, qui est une des premières œuvres d'amour que l'Eglise a la mission d'offrir à l'humanité ».
« Il est plus que jamais opportun qu'en ce temps qui est le nôtre, on réfléchisse à la manière de rendre actuelle et efficace cette tâche apostolique de la communauté ecclésiale, confiée aux universités catholiques, et de manière spéciale aux facultés ecclésiastiques », a souligné le pape.
A propos de la réforme des études ecclésiastiques de philosophie, Benoît XVI a noté que le projet « est arrivé désormais à la phase finale de son élaboration ». « On ne manquera pas de souligner, a-t-il recommandé, la dimension métaphysique et sapientielle de la philosophie ».
Egalement à débattre, ajoutait le pape, l'opportunité d'une réforme de la constitution apostolique « Sapientia Christiana », la grande charte des facultés ecclésiastiques et dont les critères sont utilisés pour évaluer la qualité de ces institutions.
Quant à l'école catholique, « elle doit elle aussi s'interroger sur la mission qu'elle doit remplir dans le contexte social actuel, marqué par une crise évidente de l'éducation », a fait observer Benoît XVI.
Sa mission première, rappelait le pape, est de former l'élève selon une vision anthropologique « intégrale », tout en restant « ouverte à tous », et en respectant « l'identité » de chacun. Mais elle « ne peut pas ne pas proposer sa propre perspective d'éducation, humaine et chrétienne ».
Or, la mondialisation et le pluralisme rendent ce défi éducatif plus « urgent », diagnostiquait Benoît XVI , ainsi que la rencontre « des religions et des cultures dans la recherche commune de la vérité (...), parce que toutes les cultures authentiques sont orientées vers la vérité de l'homme et vers son bien ».
« Les hommes venant de cultures différentes peuvent se parler, se comprendre au-delà des distances spatiales et temporelles, parce que, dans le cœur de chaque personne, habitent les mêmes grandes aspirations au bien, à la justice, à la vérité, à la vie et à l'amour », a affirmé le pape.
Quant à la réforme de la « Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis » pour les séminaires, le pape faisait remarquer qu'elle devrait « souligner l'importance d'une articulation correcte des différentes dimensions de la formation sacerdotale dans la perspective de l'Eglise-Communion, en suivant les indications du Concile Vatican II ».
« Cela implique, précisait le pape, une solide formation dans la foi de l'Eglise, une authentique familiarité avec la Parole révélée, donnée par Dieu à son Eglise ».
Et justement, pour ce qui est de la formation des futurs prêtres, Benoît XVI estime qu'elle devra offrir des orientations le dialogue avec les cultures contemporaines. Le pape souhaite renforcer la formation humaine et culturelle, y compris « avec l'aide des sciences modernes ».
Mais Benoît XVI insiste surtout sur « une formation adéquate à la vie spirituelle, qui rende les communautés chrétiennes, et en particulier les paroisses, toujours plus conscientes de leur vocation, et capables de répondre de manière adéquate à la demande de spiritualité qui vient spécialement des jeunes ».
Et pour ce qui est des vocations, spécialement des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, elles concernent, affirmait le pape, « la communauté ecclésiale tout entière : les évêques, les prêtres, les consacrés, mais aussi leurs familles et les paroisses ».
ROME, Dimanche 20 janvier 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI encourage la « passion pour l'éducation » et le rôle de l'école catholique.
Après l'angélus, et après avoir salué la foule solidaire, le pape s'est adressé aux piliers de l'école catholique - dirigeants, enseignants, parents et élèves - à l'occasion de la Journée de l'Ecole catholique, du diocèse de Rome.
« Dans l'éducation à la foi des adolescents et des jeunes, un rôle important est aussi confié à l'école catholique : je vous encourage donc à continuer votre travail qui place l'Evangile au centre, avec un projet éducatif qui vise la formation intégrale de la personne humaine », exhortait Benoît XVI.
Il les encourageait en ces termes : « Malgré les difficultés que vous rencontrez, poursuivez donc votre mission avec courage et avec confiance en cultivant une constante passion pour l'éducation, et votre engagement généreux au service des générations nouvelles ».
le choc de la charte d’Avignon (par Thierry Boutet)
Un pavé dans la mare. Après trois ans de travail, l’archevêque d’Avignon vient d’annoncer la publication d’une charte de l’enseignement catholique pour son diocèse qui rompt avec trente ans de
compromis regrettables. En voulant «replacer le Christ au centre de l’école catholique», Mgr Jean-Pierre Cattenoz opère un virage qui fera date, quand bien même l’archevêque mesure les
difficultés, et l’immense effort à entreprendre de la part de toute l’Église de France : vis-à-vis d’elle-même, du corps enseignant et de l’Éducation nationale.
Incontestablement, le brûlot de l’archevêque, mûrement pensé, rejoint l’immense préoccupation des parents chrétiens, et ne peut laisser indifférentes les familles qui confient leurs enfants à
l’école catholique.
Rédigé dans une langue claire qui ne cède pas une virgule à la langue de buis, ce texte est porté par un souffle inhabituel. L’archevêque a un projet pour l’enseignement catholique, il a aussi du
style.
Le ton change, la méthode aussi. Depuis le Concile, aucun évêque n’avait osé agir avec une telle liberté de parole et d’esprit sur un sujet aussi majeur. Dans moins d’un mois, du 4 au 11
novembre, l’assemblée des évêques planchera à Lourdes sur «la mission de l’enseignement catholique dans l’Église et dans la société». Un groupe de travail présidé par Mgr Aumonier,
évêque de Versailles, présentera ses conclusions. Le travail de Mgr Cattenoz ne sera pas sans incidence. Il sera intéressant de comparer les textes, si l’assemblée parvient à un accord : les
évêques n’aiment pas apparaître désunis.
L’initiative n’a suscité pour le moment aucune réaction officielle de la part des instances nationales de l’enseignement catholique, dont les représentants se réfugient dans un silence prudent.
Mais l’émoi est perceptible, tant la réorientation invoquée par Mgr Cattenoz bouscule les habitudes.
En attendant, la charte fait aujourd’hui l’objet d’une circulation limitée. Fruit de trois longues années de travail et de concertation, la charte vient d’être adressée pour avis à tous les chefs
d’établissement du diocèse. À l’issue de cette consultation, la rédaction définitive de la charte, ad experimentum pour trois ans, sera rendue publique.
Afin de ne pas gêner le travail en cours, nous ne citerons aucun passage de la charte. Mais il est permis d’en présenter largement le contenu. À l’archevêché d’Avignon on précise que l’écho
médiatique donné à l’annonce de la charte n’est pas négatif. Mais on espère que les querelles idéologiques ou de chapelle ne l’emporteront pas sur l’unité nécessaire à l’ampleur du défi à
relever. Notre vœu le plus cher est de nous y associer.
Un bilan et un projet
D’entrée, Mgr Cattenoz situe la charte diocésaine en aval du statut de l’enseignement catholique promulgué par la Conférence des évêques de France, et en amont des projets pastoraux élaborés par
les établissements en lien avec leurs projets éducatifs. La première partie de son texte dresse un bilan ; la seconde présente son projet.
Pour commencer, l’archevêque évoque le contexte culturel dans lequel s’insère l’enseignement catholique : sentiment d’impuissance sur les événements, consumérisme, «cathophobie», sécularisation,
relativisme, montée de l’islam... Dans ce contexte, Mgr Cattenoz remarque que le caractère propre de l’enseignement catholique est ambigu, mal défini. Dans les établissements catholiques
la proposition de la foi est insuffisante, voire absente. En revanche, on y trouve souvent une logique de compétition propre à l’entreprise.
Dans ces conditions, le caractère propre se réduit au plus petit dénominateur commun, à un consensus sur des valeurs évangéliques fluctuantes, un humanisme chrétien au contour flou. Les valeurs
qui sont au fondement de la plupart des projets pédagogiques sont la tolérance, la solidarité, l’ouverture aux autres ou à l’universel. Elles relèvent toutes d’un humanitarisme bon teint
davantage inspiré de la philosophie des Lumières que de la rencontre avec le Christ. En phase avec cette Modernité, la proposition de foi est donc le plus souvent indigente, peu religieuse,
syncrétique. Elle véhicule même selon Mgr Cattenoz de véritables hérésies.
Cette édulcoration du caractère propre des écoles catholiques porte en germe leur disparition ou leur intégration totale dans le service public. Le prélat appelle donc à repenser
le caractère propre des établissements catholiques et à refonder leur enseignement sur de nouvelles bases.
Un projet résolument missionnaire
Mgr Cattenoz prend soin de préciser qu’il ne s’agit pas pour lui de revenir en arrière, ou de justifier un repli identitaire. Interrogé par l’hebdomadaire Famille chrétienne (n. 1648)
sur les vieux démons de la guerre scolaire, il répond sans détours : «Ne craignez-vous pas de faire un bond de cent ans en arrière ?», il répond : «…ou peut-être de cent ans en avant
! En tout cas, je ne suis pas prêt à renoncer à ma foi en Jésus Christ. À force de faire un catholicisme mou, on n’aura bientôt plus de catholicisme du tout ! J’ai passé quinze ans de ma vie en
Afrique à annoncer Jésus-Christ. Je ne vois pas pourquoi maintenant que je suis à Avignon, je ferais autrement.» Le projet de Mgr Cattenoz est en effet clairement missionnaire.
Pour lui la question n’est pas de mettre l’enfant au centre de l’école, comme on peut l’entendre dire souvent, mais d'y mettre Jésus-Christ. Car l’enfant ne
trouve sa véritable dimension qu’en étant mis en relation avec le Christ. Dans cet esprit, l’enseignement catholique est à la fois une institution de formation générale et une structure
d’apprentissage de la vie dans le Christ.
Pour l’évêque, cet apprentissage comporte deux volets : l’expérience de cette vie et une catéchèse systématique selon le plan dessiné par le catéchisme de l’Église catholique.
Confessionnel ou confessant ?
Et c’est ici que la charte, qui développe ce point largement, donne la mesure de la distance prise avec les orientations du secrétariat général de l’enseignement catholique : la conception de
l’école catholique comme une institution “non confessionnelle” mais simplement “confessante”, n’a plus aucun sens dans l’optique missionnaire qui est celle de la charte de Mgr
Cattenoz.
L’ouverture à tous, le respect du cheminement spirituel de chacun, ne peuvent empêcher l’école catholique d’être une cellule authentique d’Église, en lien étroit avec la paroisse du lieu où elle
se trouve. «La priorité, dit-il au journaliste de "Famille chrétienne", c’est de remettre des heures de transmission de la foi dans toutes
les classes chaque semaine, et pas entre midi et deux... Tous les élèves, je dis bien tous les élèves doivent pouvoir participer à une découverte de la foi en Jésus Christ. Cela doit faire partie
du cursus normal de l’école. Les écoles qui me disent quelles ne peuvent pas cette année, parce que ce n’est pas prévu, j’accepte. Mais il faudra qu’elles le fassent, sans cela je leur
enlèverai l’agrément d’école catholique. »
Un objectif réaliste ?
L’objectif emporte l’adhésion, mais soulève de légitimes questions. Ce programme n’est-il pas totalement utopique ? Les directeurs d’établissement qui souhaiteraient le plus ardemment le mettre
en œuvre sont-ils en mesure de le faire ? Mgr Cattenoz n’écarte aucune objection, il est conscient des difficultés pratiques.
Principal problème, le recrutement. Il n’est pas rare que dans des établissements catholiques, mêmes haut de gamme, il n’y ait pas 10 % des enseignants qui soient pratiquants ou même simplement
croyants. Quant aux parents, ils ne sont pas plus de 15 % à choisir l’école catholique pour des motifs religieux.
La charte avance donc des solutions en terme de formation pour que l’ensemble des enseignants soit partie prenante du projet éducatif et que la communauté éducative devienne véritablement une
cellule d’Église.
Pour y parvenir, les structures elles-mêmes doivent être repensées. Il faudra faire face à des problèmes difficiles de formation des équipes pédagogiques et des maîtres, sans oublier les parents
qu’il faut impliquer d’avantage dans cette démarche.
L’archevêque sera-t-il suivi ? «Il est vrai,déclare t-il encore dans “Famille chrétienne”, que le recrutement devient de plus en plus difficile. Il va falloir se battre. Et pour moi
c’est là qu’il faudrait que la Conférence épiscopale soit prête à se battre. Il faut travailler dans nos relations avec le gouvernement, à pouvoir garder une certaine liberté, à ne pas être
étouffé par une embauche que l’on ne maîtrise plus du tout. Bref, réfléchir pour que l’enseignement catholique garde vraiment un caractère propre.»
Faire sauter les blocages
Mais la Conférence épiscopale est-elle en mesure de peser aujourd’hui sur le secrétariat général de l’enseignement catholique pour changer d’orientation ? Celui-ci fonctionne comme une
administration quasi autonome. Les évêques en ont largement délégué la maîtrise concrète à des laïcs ou à quelques clercs qui ont le plus souvent une tout autre approche de la mission de l’école
catholique. Les relations contractuelles entre l’enseignement catholique et le service public auquel il est associé sont très complexes et techniques. Elles sont suivies et gérées par des
professionnels parmi lesquels ne figure aucun évêque maîtrisant parfaitement le dossier.
Pour réformer le système sans le dynamiter, il est nécessaire que les évêques s’investissent eux-mêmes dans l’administration de l’enseignement catholique au lieu de le déléguer à des laïcs
aussi techniquement compétents soient-ils, mais trop souvent porteurs d’un projet différent du leur. Cela suppose que la Conférence des évêques de France évolue dans son fonctionnement et se
donne de nouvelles priorités.
Or la culture du consensus et du compromis a contribué à édulcorer le fameux “caractère propre” de l’enseignement catholique. La conférence épiscopale de France donne l’impression d’avoir perdu
la main. L’heure vient peut-être où sous la charitable pression de nouveaux évêques comme Mgr Cattenoz, certains blocages qui entravent le dynamisme missionnaire de l’Eglise de France peuvent
sauter.
Depuis son élection, Benoît XVI appelle les catholiques à sortir du compromis avec la pensée dominante et de la soumission aux contraintes exercées par les autorités
temporelles. Parmi les priorités «non négociables» se trouve la liberté d’éducation des parents. En proposant à l’enseignement catholique d’échapper à la facilité, Mgr
Cattenoz met en œuvre le redressement auquel nous invite Benoît XVI. À sa manière la charte de l’archevêque d’Avignon est un fruit de l’encyclique programme Deus et Caritas et du
discours de Ratisbonne.
D'après Décryptage
- La tâche de l’école catholique est aussi (et même surtout) de faire connaître Jésus-Christ aux enfants,
- l’évangélisation des enfants est en priorité la responsabilité de leurs parents,
- donc la pastorale familiale est la priorité dans un Diocèse,
- et quoi qu’il en soit, dans tous les domaines, à temps ou à contretemps, « malheur à moi si je ne fais pas connaître l’évangile »…
…a expliqué hier Mgr Jean-Pierre Cattenoz, au cours d’un entretien rediffusé par la chaîne KTO. Ce langage de clarté et de netteté est celui de l’archevêque d’Avignon dans toutes les circonstances.
Il a notamment publié le 15 janvier un livre intitulé UNE CHARTE POUR L'ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE DANS LE DIOCÈSE D'AVIGNON (éd. Parole et Silence), qu’il présente en ces termes : « Ayant reçu comme évêque, Successeur des apôtres, la charge de l'Église qui est en Avignon, je ne peux rester indifférent à la situation présente de l'Enseignement catholique. L'enjeu est formidable, essentiel pour notre Église d'aujourd'hui et de demain. Au terme de plus de trois ans de réflexion sur l'état de l'Enseignement catholique dans le diocèse, il m'a semblé important de promulguer une charte diocésaine qui montre le chemin dans lequel nous devrons avancer dans les années qui viennent. Je ne souhaite qu'une seule chose : permettre aux jeunes qui sont présents dans les établissements catholiques de pouvoir découvrir et rencontrer Celui qui seul pourra donner sens à leur vie, Celui qui ne cesse de nous redire : " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie " (Jn 14, 6). »
Ce chantier – recatholiciser l’école catholique ! – demande du courage, et l’on en félicite Mgr Cattenoz. En effet, la crise de l’enseignement public pousse de très nombreux parents incroyants à mettre leurs enfants à l’école privée.
D’où l’appel de Mgr Cattenoz à se réveiller et à se ressaisir.
Avec des nuances, bien entendu : il ne s’agit pas de faire du « prosélytisme » abusif, ni d’imposer partout un même modèle pédagogique, souligne-t-il. Mais l’école catholique doit se souvenir de ce qu’elle est.
Ajoutons cette question : si l'école chrétienne ne propose pas la connaissance du christianisme, pourquoi les diocèses devraient-ils la soutenir ?
ps/ L'affadissement de certaines écoles s'appuie sur l'hostilité croissante de la classe politique envers le christianisme dans l'enseignement. Il y a là une
complication, qui risque de se renforcer lors de la prochaine législature - quelle que soit sa couleur.
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